L'art et l'industrie du fer découpé

CIDIHCA - 430, rue Sainte-Hélène, Montréal, Canada

L'histoire d'un disciple de Noailles - Exposition d'Eddy Jean Rémy (2)
et film de Ralph Maingrette


Image extraite du court métrage réalisé par Ralph Maingrette
Image extraite du court métrage réalisé par Ralph Maingrette
Montréal, la rentrée au CIDIHCA démarre avec une riche programmation. Du 7 au 25 septembre 2026, le public est invité à découvrir une exposition de sculptures murales d’Eddy Jean Rémy, deuxième du nom (à ne pas confondre avec son ainé, président de l’Association des Artistes et Artisans de Croix-des-Bouquets, ADAAC) ainsi que la projection du film documentaire, Transmission martelée, réalisé par Ralph Maingrette, figure montréalaise bien connue, également plasticien et commissaire d’exposition.

Le sculpteur Eddy Jean Rémy est arrivé à Montréal le 30 août 2017. Parti d’Haïti, du Village Artistique de Noailles, à Croix-des-Bouquets, dans la périphérie urbaine de Port-au-Prince, il fait partie de la 4e génération de sculpteurs porteurs de la tradition du fer découpé, pratique artistique inscrite à l’Inventaire du Patrimoine Immatériel d’Haïti (IPIMH)(1). Après une éprouvante étape migratoire en Floride, il a traversé la frontière canadienne à pied.

Depuis son installation à Montréal, Eddy travaille comme réparateur de carrosserie dans un garage, lui permettant de créer ses œuvres de métal, martelé et découpé aux ciseaux, recréant l’ambiance sonore de son village d’origine.

Le court métrage réalisé par Ralph Maingrette, a le mérite de nous restituer ce récit tissé de mémoires, d’épreuves, de reconnaissance pour sa terre d’accueil.

Transmission martelée est un court documentaire de 10 min 15 sur Jean Éddy Rémy, maître artisan du métal découpé de Noailles. Au départ, je voulais raconter son parcours, mais en travaillant sur le film, je me suis beaucoup intéressé à ses mains, à sa façon de travailler et au son du marteau. Je me suis rendu compte que le geste lui-même racontait quelque chose. C’est devenu un élément très important du film.(2)

Ralph Maingrette n’en est pas à son premier essai :
Ce n’est pas mon premier travail vidéo. Je fais de la vidéo et de l’immersif depuis plusieurs années, mais c’est avec ce film que je me rapproche davantage du documentaire. Ça rejoint aussi le travail que je fais actuellement autour de la mémoire et des archives.

Le film a été réalisé avec assez peu de moyens. J’ai travaillé de façon très autonome et j’ai fait une grande partie du travail moi-même, de la réalisation à la postproduction. Je n’avais pas une grosse équipe. J’ai donc travaillé avec ce que j’avais devant moi : Jean Eddy, son environnement, ses outils, ses mains, le métal et les sons. Avec le recul, je pense que cette contrainte a aussi donné une partie de son caractère au film.

La suite, c’est de continuer à faire circuler le film et de voir jusqu’où il peut aller. En parallèle, j’ai réalisé « La mémoire du geste », une œuvre vidéo immersive de 5 min 22. Là, je laisse encore plus de place aux mains, au métal, au son et au mouvement.

Ce qui est intéressant maintenant, c’est la vie que le film commence à avoir. Il a été sélectionné dans des festivals et je constate aussi un intérêt grandissant du côté des universités. Plusieurs ont demandé à voir le film et il y a actuellement des échanges autour de projections, de rencontres et même d’acquisitions institutionnelles. Je ne m’attendais pas nécessairement à cette ouverture au départ.(3)
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(1) https://www.ipimh.org/
(2) et (3) Propos du réalisateur, recueillis le 11/09/2026

Barbara Prézeau Stephenson
AICA SC
Montréal, le 13/09/2026

Rédigé par BPS / AAA le Dimanche 13 Septembre 2026 à 19:30 | Commentaires (0)